Les gorgones de Méditerranée sont un des attraits de la plongée sous-marine sur la Costa Brava.
Dans la mythologie grecque, les Gorgones étaient trois divinités dont le regard avait le pouvoir de changer en pierre quiconque osait les fixer.

Paramuricea clavata - gorgone pourpre

 

Biologie des gorgones de Méditerranée

Ce sont des organismes coloniaux constitués de polypes. La colonie est en forme d’éventail, souvent de couleurs vives (rouge, jaune, violet), sur un squelette à la fois souple et dur.
Les gorgones de Méditerranée sont généralement fixées à des substrats durs (rochers, tombant), mais certaines espèces peuvent se trouver sur des fonds de sable. Les gorgones de Méditerranée peuvent développer des populations très denses. Ces organismes représentent une grande diversité de micro-habitats pour d’autres espèces et participe de la biodiversité élevée de la communauté coralligène méditerranéenne.

Paramuricea clavata - gorgone pourpre
Les polypes possèdent 8 tentacules (sous-classe des Octocoralliaires ou Alcyonaires) qui filtrent le plancton et le consomment : Leurs régimes alimentaires sont constitués de multiples sources de nourriture, allant du microplancton jusqu’à la substance particulaire détritique. Les colonies sont disposées perpendiculairement à la direction du courant dominant, ce qui leur permet de filtrer efficacement l’eau et de ne retenir que les proies microscopiques constituant leur nourriture.

Paramuricea clavata - gorgone pourpre

Les colonies sont hermaphrodites (mâles et femelles dans la colonie) et les gamètes sont libérées dans l’eau de mer. La fécondation est externe et les œufs donnent naissance à de petites larves planctoniques ciliées (planula) qui après métamorphose se fixent sur les rochers. Elles se transforment en petits polypes qui, en bourgeonnant donnent de nouvelles colonies. On admet que la croissance de la jeune colonie est en moyenne de 2 cm/an et que la reproduction s’effectue lorsque la colonie a une douzaine de cm.

Eucinella Singularis - gorgone blanche

Les espèces communes de gorgones de Méditerranée

Les Gorgones de Méditerranée représente environ 20 espèces, mais 3 sont abondantes en zone sublittoral.
Les espèces les plus abondantes de la zone sublittorale sont :
La Gorgone blanche (Eunicella singularis) : C’est une gorgone de couleur blanche sur lequel se détachent (quand l’animal est vivant et non rétracté) des polypes bruns. Les rameaux sont très souples, grêles, et peuvent être assez longs et sont souvent dressés à la vertical.
E. singularis représente la seule espèce de gorgone symbiotique en Méditerranée. À la fois hétérotrophe, par l’acquisition de matière organique da, E. singularis est également autotrophe grâce aux transferts de nutriments (photosynthétats) des symbiotes vers l’hôte animal

Eucinella Singularis - gorgone blanche
La gorgone jaune (Eunicella cavolini) : Cette gorgone se rencontre généralement à flanc de parois. Elle est présente essentiellement de 10 à 30 m. L’envergure de la gorgone jaune varie de 10 à 50 cm. L’axe squelettique, est de couleur jaune-orangée et les polypes sont de couleur blanche à jaune, de petite taille (2 mm) et peu protubérants.

Eucinella cavolinii - gorgone jaune

La gorgone pourpre (Paramuricea clavata) : L’espèce est très abondante en Méditerranée occidentale. Cette gorgone forme de grandes colonies, atteignant entre 30 et 100 cm de haut, en éventail, abondamment ramifiées dans un même plan, de teinte jaune, orange, rouge ou pourpre. Les colonies vivent entre 10 et 110 mètres de profondeur, fixées sur les fonds rocheux très inclinés ou tombants, plutôt orientés nord (zones sombres, espèce sciaphile)

Paramuricea clavata - gorgone pourpre

 

La gorgone orangée sarmenteuse (Leptogorgia sarmentosa) : orange le plus souvent, mais peut aussi être de couleur blanche, rouge, jaune ou violet. L’arborescence  peut être d’un seul plan, avec des rameaux fins et droits. Recherche souvent l’obscurité.

 Leptogorgia sarmentosa- Gorgonne orange  Leptogorgia sarmentosa- Gorgonne orange

 

Les gorgones au cente d’un écosystème splendide

Les gorgonnes ont des enemis naturels comme certains mollusques. ici une simnie s’attaque aux polypes d’une gorgone blanche.

simnie

La place dans l’espace coralligène est cher, et certain n’hésitent pas à recouvrir les branches des gorgones comme cet alcyon encroutant (partie rouge).

Alcyonium coralloides Alcyon encroutant

 

D’autres animaux comme certains vers, bryozoaires, hydraires ou ophiuridés vivent en harmonie.

Astrospartus mediterraneus - Gorgonocéphale

hydraire Antennella siliquosa. - Antennelle blanche²

Fragilité des Gorgones méditerranéennes

Les gorgones méditerranéennes sont des espèces d’une grande longévité affichant des taux de croissance lents et de faibles taux de mortalité chez les adultes. Ces dynamiques de population lente les rendent particulièrement vulnérables à l’augmentation des perturbations anthropogènes.

gorgones de Méditerranée
Compte tenu de leur sensibilité aux changements environnementaux, ces organismes ont aussi connu dans le passé des épisodes de mortalité massive (1999, côtes nord occidentales de la Méditerranée).

Suivi des gorgones, projet Attention corail : http://www.observadoresdelmar.es/projecte-1-que-fem.php
L’importance écologique des gorgones au sein des écosystèmes de même que leur vulnérabilité aux stress environnementaux en font un sujet d’étude de grande importance. L’ensemble de leurs caractéristiques en fait de bons outils en vue d’études concernant les perturbations du milieu, d’origine anthropique ou climatique.

 

Les gorgones attirent aussi beaucoup d’animaux

Astrospartus mediterraneus - Gorgonocéphale

Pour aller plus loin :

http://doris.ffessm.fr/Especes/Eunicella-singularis-Gorgone-blanche-239

http://doris.ffessm.fr/Especes/Eunicella-cavolini-Gorgone-jaune-247

http://doris.ffessm.fr/Especes/Paramuricea-clavata-Gorgone-pourpre-223

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.