L’aventurier des arches perdues du cloitre de Palamos

Découvrez l’étonnante histoire d’un cloitre roman, oublié sur la Costa Brava, découvert par un historien catalan obstiné.

cloitre de Palamos revue AD

Une photo d’un monument inconnu sur la Costa Brava !

Gerado Boto est professeur d´art médiéval de l´université de Girona. Par une de ces belles journées ensoleillées de Catalogne, il feuillète le numéro de juillet-août l’édition française de la revue de décoration internationale AD en 2010. Il est intrigué par les photographies du Mas del Vent, et plus particulièrement, par la présence d’un cloitre situé au beau milieu de cette une propriété privée de 22 hectares. Cet érudit, expert en œuvre médiévale est ébahi par cette découverte. Il ne connait pas ce monument, qui a l’air d’une taille confortable (il entoure une piscine). Pire ! Après quelques recherches, Gerardo Bodo ne trouve aucune trace officielle de ces vestiges dans les archives et la documentation des monuments historiques. Les photos de ce mystérieux monument soulèvent un certain nombre de questions :

      • Comment un monument de 22 mètres de long a-t-il pu passer inaperçu sur la Costa Brava ?
      • Ce cloitre est-il un plagiat ou un original ?
      • Quelle est son origine ?
      • Comment un monument de cette taille a bien pu atterrir au beau milieu d’un jardin de milliardaire sur la Costa Brava ?

 

C’est le point de départ de la grande quête de Gerardo Boto.

Les premières pistes

Il se concentre sur les photos du magazine de décoration AD, qui ont été prises par un photographe français, Vincent Leroux. Celui-ci contacté, lui fournit les originaux numériques. Les photographies numériques hautes définition donnent au professeur des précisions sur les détails de la décoration. Les premières impressions du professeur sont étonnantes : il existe une ressemblance et une forte parenté du cloitre de Palamos avec un célèbre cloitre espagnol du 12ème siècle, le cloitre de Santo Domingo de Silos, un monastère bénédictin dans la région nord-ouest de Castilla y León. Le cloitre de Silos est célèbre pour sa richesse sculpturale et son état de conservation. Il a été construit dans le dernier quart du 11ème siècle et la première moitié du 12ème siècle.

 Santo Domingo de Silos, Burgos © Castilla y León

Santo Domingo de Silos, Burgos © Castilla y León

Comme à Silos, le cloître de Palamos est composé de deux colonnes, chacune sculptées séparément, couronnées de majuscules simples, décorées de personnages humains, de plantes et d’animaux réalistes (oiseaux, lions, sangliers) et mythologiques (griffons, dragons, harpies), mais sans aucune scène religieuse. De plus, Gerardo Boto relie le style des chapiteaux de Palamos à celui de deux ateliers principaux de Silos, le premier qui œuvrait autour de 1100 et le deuxième œuvrant vers 1165.
Or ce style est très rare dans l’histoire de l’art roman espagnol. Même si une partie du cloître de Palamos était une reproduction, son étude serait un ajout important à l’histoire de l’art espagnol.

12th-c-Romanesque-cloister-on-Palamos-estate[1]

Impossible d’approcher le Mas del Vent

Parallèlement à ses recherches, Gerardo Boto essaie de faire connaitre sa découverte. En Mai 2012, il donne une série de conférence à l’Université de Barcelone sur le cloître de Palamos. Mais ses demandes répétées aux propriétaires, ainsi que toutes les demandes de l’association des Amis de l’art roman (asociación de Amigos del Románico) aux diverses administrations pour permettre l’accès de la propriété restent lettre morte.
Gerado Boto se tourne alors vers presse. Le journal El Païs publie un article sur l’existence du cloitre et les recherches inabouties du professeur.

L’aventurier des arches perdues du cloitre de Palamos
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